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Touty nous raconte son expérience en équipe nationale malienne

Publié le 10 septembre 2019

Avant de reprendre avec l’équipe LF2 du club, Touty GANDEGA a participé en août dernier à l’Afro Basket Féminin avec l’équipe nationale du Mali.
Les maliennes ont remporté la médaille de bronze. Touty a également été élue dans le 5 majeur de cette compétition. Notre franco-malienne revient sur cette expérience et nous donne son ressentit.

Tu viens de participer à l’Afro Basket Féminin au Sénégal, comment s’est déroulée cette compétition ?
La compétition s’est très bien déroulée. Nous avons eu dans notre poule la république démocratique du Congo et l’Angola et nous avons gagné les deux matchs qui nous ont permis de passer en ¼ de finale. En ¼ de finale nous nous sommes retrouvées contre la Côte d’Ivoire. Nous avons gagné notre match contre elles. En ½ finale nous nous sommes retrouvées face au Nigeria (les tenantes en titre) et nous avons perdu contre elles. Nous nous sommes donc retrouvées face à l’équipe du Mozambique, comme il y a deux ans, c’est le même scénario qu’il y a deux ans. Nous avons gagné face au Mozambique et nous avons donc terminé à la 3ème place.

Comment as-tu vécu cette expérience ?
Cette année, c’était un peu plus dur et stressant parce que l’équipe a changé à plus de 50%. Pour la moitié de notre équipe c’était leur première année en équipe A. Du coup nous nous sommes préparées comme nous le pouvions sachant qu’arrivées au Mali il y avait l’Afro Basket Hommes donc nous n’avions pas la salle tout le temps puisque c’était eux qui avaient organisé. Donc en plus de ça, le peu de temps que nous avions à la salle il fallait vraiment être très concentré, que tout se passe bien. Et grande surprise, nous sommes arrivées 3ème avec une équipe qui a changé à plus de 50% avec des jeunes qui ont 20-21 ans, voir une jeune qui doit avoir 19 ans. Bonne expérience, c’était stressant mais à la fin nous étions contentes du résultat, 3ème c’est bien.

C’est ta 2ème participation à ce tournoi et votre 2ème médaille de bronze pour le Mali. Quel est ton ressentit ? Qu’est-ce que cela représente pour toi ? Et pour ton équipe ?
Mon ressentit c’est déjà qu’il faut le faire. Ce n’est pas tout le monde qui peut avoir deux médailles et faire deux podiums en deux Afro Basket, donc je suis très fière et très contente.

Après ce que cela représente pour moi, comme je l’avais déjà dit, c’est qu’en 2017 j’avais joué au Mali. Notre pays l’avait organisé et nous avions gagné une première médaille là-bas. Mon père est malien donc j’étais vraiment contente d’avoir pu jouer devant ma famille. Et là cette année, le pays organisateur était le Sénégal. Ma mère est sénégalaise donc je me suis dit que c’était trop bien, je jouais deux fois à domicile pour moi. En plus mes parents et mes frères et sœurs étaient là au Sénégal. Cela représente beaucoup pour moi. C’est comme j’ai dit, jouer deux fois à domicile, en plus nous remportons la médaille de bronze. Et il y a toute ma famille qui me supporte.

Pour l’équipe, d’avoir fait cette compétition-là dans la circonstance dans lesquelles nous étions (jeune équipe renouvelée à plus de 50%), nous nous en sommes bien sortis donc c’est bien.

Et tu as été élue dans le 5 majeur en tant que meilleure meneuse du championnat. Que peux-tu nous en dire ?
Ce fut à ma plus grande surprise parce que toutes les personnes qui me connaissent savent que je n’aime pas le poste 1, ce n’est pas mon poste. Je le fait par défaut car je suis la deuxième meneuse parce que l’autre meneuse est blessée ou il y a des fautes mais à la base je suis arrière. Donc à ma plus grande surprise j’étais à l’aise au poste de meneuse. Mais c’est différent en équipe nationale car on te donne les clés, on te dit tu es « expatriée ». Comme je l’ai dit, quand je suis avec l’équipe malienne, ce n’est pas un déguisement mais c’est un autre Touty. Parce que la Touty qui est au Mali ce n’est pas la même qu’ici. Ce n’est pas le même fonctionnement, je n’ai pas le même rôle, je n’ai pas le même statut. C’est vraiment deux choses différentes donc il faut s’adapter. Oui à ma plus grande surprise j’étais dans le 5 majeur. J’étais choquée mais j’étais contente. Cela me représente moi, cela représente mon club et cela représente le Mali donc contente. Top du top ! Le fait d’avoir ce trophée c’est bien, cela veut dire que je peux.

Vous vous êtes qualifiés pour le Tournoi Qualificatif Olympique (TQO). Comment vas-tu préparer cette étape en même temps que de rester concentrée sur le championnat LF2 ?
Honnêtement, c’est la première fois que cela m’arrive de faire « deux championnats » en même temps. Chaque chose en son temps. Actuellement je viens de terminer l’Afro Basket, c’est fini, c’est passé. Là nous sommes là avec la LF2, il faut que je me concentre jusqu’au bout. Pour le moment je ne pense pas trop au TQO, je me concentre sur nous car nous avons nous aussi une nouvelle équipe, nous devons nous adapter, nous avons un nouveau style de jeu. Chaque chose en son temps et quand je serai avec l’équipe nationale je reprendrai rôle de Touty la meneuse malienne et je me remettrai en mode leader. Ici je suis la joueuse Touty GANDEGA, la petite toujours en retard, c’est moi. Mais il faut savoir dissocier les deux. Là je suis poste 2, je me concentre sur mon poste 2. Arrivée en équipe malienne je remettrai l’uniforme.

Ces moments avec l’équipe nationale malienne (ta 2ème nationalité) sont des instants différents de ta saison au club. Comment vis-tu ces moments avec tes coéquipières africaines ?
Déjà quand nous arrivons nous savons que nous n’avons qu’un mois et demi, deux mois ensemble donc ce n’est pas pareil. Quand tu arrives ici en France, tu sais que tu as toute une saison à gérer. Je pense que les moments sont plus forts et plus intenses en équipe nationale parce que nous savons que nous avons un championnat qui va arriver, on ne se verra que peu de temps, il faut que nous soyons rapidement solidaires et complices. Il y aura des hauts et des bas mais c’est différent. Nous vivons énormément de choses en peu de temps, c’est très intense. Nous avons minimum un entraînement par jour, maximum trois et le rythme est intense. Tu dois apprendre à jouer et rejouer avec les joueuses puisque nous ne nous voyons pas de l’année. Nous avons un mois pour être fluide avec les autres, nous devons nous adapter au style africain car il ne faut pas oublier que nous avons le style européen qui est davantage dans la tactique et beaucoup plus réfléchit. Le style africain est plus physique, c’est courir et plus jouer à l’instinct. Il faut faire l’équilibre entre les joueuses maliennes, les joueuses franco-maliennes et les joueuses maliennes qui jouent ailleurs en Europe. Donc un mois pour ne faire qu’un avec cette équipe nationale. C’est quelque chose de difficile. On a peu de temps et il faut gagner un maximum de matchs.

 

Crédit Photo : News Basket Beafrika

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