La jeunesse angevine loin de démériter, se contente de l’argent face aux Flammes Carolo

UFAB 49 U18 – Flammes Carolo U18 : 47-68
Ils étaient 32 équipes le 14 février dernier lors des 16e de finale de la Coupe de France. Plus de deux mois plus tard, il ne reste que deux équipes, face à leur destin. 40 minutes dans l’une des plus belles salles d’Europe, l’Accor Arena, foulées par le gratin du basket mondial (NBA, Jeux Olympiques, Betclic Élite…) pour les départager. Après Rennes, Landerneau, Basket Landes et l’ASVEL, nos jeunes pousses angevines ont rendez-vous avec un adversaire à la hauteur de la finale, les Flammes-Carolo. Invaincu en championnat et avec la meilleure équipe de la compétition, Charleville a la volonté de tout gagner cette saison et la Coupe de France ne fera pas exception à l’appétit des ardennaises. Surtout après la précédente défaite en finale il y a trois ans contre Bourges (65-68). Pour l’UFAB dans la peau d’outsider, sur le papier, nos violettes peuvent compter sur un groupe hyper soudé qui leur a permis de sortir des prestations de haut vol contre Basket Landes (64-60) et l’ASVEL en demi-finale (54-60). Treize ans après le dernier sacre l’occasion est idéale pour nos jeunes de réinscrire Angers au palmarès de la compétition.
L’Accor Arena est impressionnante, même à 10h un samedi matin. Malgré ça, bon nombre des 20 000 sièges de la salle sont remplis et poussent tant bien que mal leur équipe. La musique résonne et la pression monte lorsque le show lumineux débute pour l’entrée des joueuses. « Les filles ont été happées par l’événement, l’extérieur et aussi Charleville » concédait David Girandière. Il est vrai que le début de match peut difficilement lui donner tort. Les Angevines se font subtiliser par trois fois le ballon et il faut attendre plus de deux minutes pour voir le premier panier angevin des mains de Cherry (2-5, 3’). Trop loin de leur vis-à-vis en défense, elles accusent déjà un retard de six points après un panier de l’intenable Eva Hamlil trouvée toute seule à trois points (4’). Les Angevines ont toutes les peines du monde à passer le premier rideau offensif adverse et Cherry peine à trouver des solutions de passe et doit perdre le ballon. Sur la récupération, Srdnovic bien trouvée en tête de raquette rajoute deux points supplémentaires, le coach angevin pose le premier temps mort de la partie, (4-12,6’). « On a pris le match par le bon bout, la consigne était de tuer le match rapidement » confirmait Hamlil. Le retour sur le parquet n’est pas plus glorieux. Toujours gênées par cette défense ultra-offensive, les Angevines trouvent néanmoins des solutions sur grand espace à l’image de Cherry (6 pts dans le premier quart) qui se fraie un chemin toute seule jusqu’au panier. Une initiative bien trop rare pour espérer mieux, en face la machine ardennaise ne s’enraie pas, bien au contraire et la capitaine Raimbault augmente l’écart à onze points après un shoot à trois points, (6-17,8’). Celle qui avait remporté déjà le trophée mais avec les seniors l’an passé récupère de nouveau un ballon et file au panier pour clôturer ce premier acte, 8-19.
« 15 minutes leur ont suffi pour nous mettre la tête sous l’eau sur des choses que l’on avait travaillées » analysait le coach angevin. Car la reprise n’est pas idyllique pour nos angevines. Deux lancers-francs de Hamlil aggravent le score avant que Laisney éclaircit enfin un peu le ciel angevin. Après un rebond offensif de Barre, Lou-Anne Laisney transforme l’offrande puis pose un énorme contre sur Zingoula-Miyouna avant de finir une nouvelle fois sous le panier. « Le problème est qu’on jouait chacune de notre côté, alors que notre force est le collectif » relevait Alicia Dutay. Côté Ardennaises, le danger peut venir de partout et au tour d’Artaud de prendre la relève au scoring. Juste après le festival Laisney, elle fait grimper l’écart à treize points et pousse Girandière à poser un deuxième temps-mort. De retour sur le parquet elle récidive en tête de raquette après une énième perte de balles angevine (24 en première mi-temps). En jambe dans ce second quart-temps, Laisney (10pts, 5int, 3pad) joue de bien mauvais tours à son adversaire, à quatre minutes de la mi-temps, elle intercepte un ballon puis vient finir sous le cercle sur une jambe. L’UFAB met enfin un peu de grinta sur le terrain et se procure des situations pour ne pas être distancées. Malheureusement, dans la position du chasseur, tous points sont bons à prendre, y compris sur la ligne des lancers-francs. À 0/6 dans cet exercice à la mi-temps, Angers se met soi-même dans la difficulté. Après un temps mort posé par Anguelova (14-29,16’) à la suite d’une énième faute ardennaise, les Flammes remettent la marche en avant. Hamlil se joue bien trop facilement de Barre dans la raquette. Sur les remises en jeu, les Angevines sont prises à la gorge par le premier rideau défensif adverse qui les oblige à allonger les passes, qui retombent souvent dans les mains ardennaises. « Si on arrive à passer leur premier rideau, sur leur zone de presse, on peut créer des choses mais on n’a pas été en capacité de le faire car on a eu trop de dribble », analysait le coach angevin. Alors qu’il reste une poignée de secondes au chrono, Hamlil demande une isolation sur Laisney. La MVP de la rencontre se joue de son vis-à-vis et mobilise Barre venue en soutien, elle n’a pu qu’à transmettre à Artaud, qui dans un fauteuil conclut ce premier acte de haute volée de la part des Flammes-Carolo, 14-31 !
Au retour des vestiaires, les Angevines sont dos au mur. Accusant déjà un large retard, il ne faut rien calculer et tenter de grignoter l’écart en retrouvant de l’allant offensif. Mais le retour sur le parquet prend des airs de déjà-vu. Un 6-0 en 1’30 collé par les filles d’Anguelova qui aurait pu être plus conséquent si Zingoula-Miyouna avait réussi son lancer-franc après son « and one ». Srdanovic bien trouvée dans la course par sa coéquipière s’en va marquer ses onzième et douzième points, entraînant le temps mort côté angevin (14-43). La minute de pause fait effet directement puisque sur la remise en jeu, Guerif transmet depuis la ligne de fond à Laisney qui finit main gauche sous le cercle. De l’autre côté du terrain, Angers met énormément de pression sur le porteur du ballon, à l’image de Dutay sur Artaud qui ne trouve que les pieds de Halmi sur sa passe. Durant ce coup de moins bien, Charleville peut compter sur une énorme Zingoula-Miyouna (9pts, 8reb) absolument partout sur le terrain. Sans forcément beaucoup scorer, elle aspire tous les ballons au rebond (44 rebonds au total pour les Flammes), véritable nerf de la guerre dans cette rencontre, « on a totalement subi au rebond » appuyait Girandière. Symbole de ce renouveau offensif, les Angevines inscrivent leur premier lancer-franc du match des mains de Diomande (26’). L’intérieur qui continue son chantier dans la raquette adverse. Au combat avec Malek et Raimbault, elle récupère le ballon dos au panier puis arrive à se frayer un chemin pour déposer le ballon dans l’anneau et obtenir la faute en prime. Diomande (8pts, 6reb, 5int) finit le quart-temps en trombe puisqu’elle est au contre dans la continuité de l’action sur Artaud avant de scorer de nouveau après un âpre combat avec Zingoula Miyouna. La fin du quart-temps est plus décousue et les paniers se font plus rares. Sur l’attaque qui suit une interception de Raimbault (7int), Hamlil est étrangement seule devant le banc angevin et ajuste un shoot longue distance pour porter le score au buzzer à 27-55.
Le trois-points d’Hamlil ne reflète pas la fin du troisième quart angevin -, bien meilleur dans l’intensité et les propositions offensives. À vrai dire, les ardennaises devant de bout en bout ont logiquement baissé le pied et subissent un petit trou d’air à l’entrée du dernier quart. « Ce trou d’air qui a duré quand même cinq, six minutes, ne nous a pas coûté grand-chose donc je suis content » se félicitait Anguelova. En ce début de quart, Lily Barre (6pts) à la main sacrément chaude ! Sur la première offensive angevine, elle reçoit le ballon et ne se pose pas de question et shoot bien au-delà des trois points. Malgré la tentative de contre de Raimbault, ça tombe dedans. Même si la partie vient de reprendre depuis 30 secondes, Anguelovas’empresse de poser son temps-mort. Des consignes qui ne portent pas ses fruits dans l’immédiat puisque Diomande récupère le ballon et remonte à toute vitesse le terrain pour servir… Barre ! Cette fois ci calée dans le corner gauche elle ajuste un shoot qui tombe dans le cercle. Malheureusement pour elle et ses coéquipières, sa tête vient taper le tibia de Zingoula-Miyouna et est contrainte de sortir. Même si Angers n’est plus dans la course à la victoire, deux paniers longue distance ardennaises viennent répondre à ceux de Barre et clore tout suspense. D’abord Malek au sortir d’un temps fort des Flammes, récupère le ballon en pleine course et fait parler son adresse dans le corner gauche. Sur l’attaque suivante, Dutaytente d’intercepter une passe et est en retard sur le shoot d’Hamlil qui tombe dedans, David Girandière pose un temps-mort, (38-61,36’). « Aujourd’hui elles étaient injouables, sur la force et nous on n’a pas bien joué sur nos faiblesses » concédait le coach angevin. Car Angers a le mérite de tenter dans ces derniers instants de cette finale. Avec de beaux circuits de passes, les espaces se libèrent et des situations s’ouvrent. Cherry transmet en première intention à Dutay (7pts) devant la coach ardennaise et pose un énorme tir à trois points et obtient en plus, la faute ! Malgré ça, les filles d’Anguelova le savent, elles vont remporter cette finale de Coupe de France. Symbole de ce match, sur un shoot Bienhenmaz shoot et Belhadj récupère le ballon au nez et à la barbe des Angevines pour remonter au panier et conclure. Les Flammes Carolo s’imposent 47-68 et remportent cette édition de Coupe de France. Angers n’aura pas démérité et surtout pas triché comme le montrent les crampes de certaines joueuses dans le dernier quart. Les U18 de l’UFAB échouent à glaner l’or mais repartent avec l’argent et des pistes d’améliorations pour le Final Four où ils pourront recroiser… les Flammes Carolo !
Titouan Massiani