L’UFAB balayée par Bourges avant d’entamer les playdowns
30 mars 2026
22e journée de LBWL : UFAB 49 – Bourges : 42-86
Trois jours après une énième défaite, l’UFAB est de retour aux affaires à Jean Bouin. Après Lattes Montpellier, c’est au tour de Bourges de fouler le parquet angevin. Pour les deux équipes, cette rencontre est surtout placée sous le signe d’une ultime répétition générale avant le début des play-off pour Bourges et des playdowns pour Angers. Avec la descente administrative de La Roche Vendée, Angers ne peut pas descendre. En tout cas, loin de là l’idée pour les filles d’Aurélie Bonnan de faire de la figuration, et ça commence par le match du soir. Toujours sans Dursus ni Mendez, blessées, il faudra laver l’affront du match aller pour les filles d’Aurélie Bonnan. Menées de vingt points à la mi-temps, nos violettes avaient fini par s’incliner 79-64. Un goût de revanche puisque ce sont également les Tangos qui avaient mis fin à l’aventure d’Angers en Coupe de France. Côté Berruyères, ce sera sans Alix Duchet, blessée à Charnay mardi. Assurées de finir deuxièmes, elles ont la possibilité de faire la passe de cinq en enchaînant une cinquième victoire de suite.
Les débuts de match se suivent et se ressemblent pour l’UFAB. Comme face à Montpellier, les Angevines peinent à rentrer dans leur rencontre. Prises à la gorge par la défense ultra agressive des Tangos. À l’image de Madison Williams qui a toutes les peines du monde à transmettre le ballon, entourée par trois joueuses de Bourges. « Avec ces prises à deux sur les sorties de balle, c’est forcément plus dur d’attaquer dans le rush quand il nous reste 10, 12 secondes », analysait la coach angevine. Il faut attendre quatre minutes pour voir le premier panier violet, sur deux lancers francs, des mains d’Oumou Diarisso. D’un trois points de Majekodunmii, son deuxième en deux matchs à Jean Bouin, l’UFAB recolle quelque peu. Mais sans constance et avec une adresse en berne (20 % dans le 1er QT), nos violettes sont dépassées des deux côtés du terrain. « Quand on est à 24 % au tir dont 16 % à trois points, c’est compliqué de gagner un match », concédait Bonnan. En quatre petites minutes, Bourges colle un 10-0, impressionnant de maîtrise, à des Angevines trop tendres défensivement. Par deux fois, Pitarch-Granel vient gratter des ballons importants dans les mains de Madison Williams pour s’en aller conclure sous le panier. Sur un dernier dribble qui fait tomber Anna Ngo Ndjock, Akoa Makani conclut un cavalier seul berruyer, 9-21.
Si l’on devait sortir un nom côté UFAB, le nom de Williams ressortirait sûrement ! L’Américaine a simplement tenu la barque angevine à flot dans ce deuxième quart-temps. Avec douze points, soit l’intégralité des points angevins, elle a tenté, en vain, de maintenir un écart raisonnable. Car en face, Bourges a déroulé sur les bases de son premier quart. Discrètes en termes de scoring lors des dix premières minutes, le duo Guapo-Pouye a presque, à lui seul, plié la rencontre. Imprenable avec ses drives déroutants et adroite à longue distance, Pouye martyrise la défense angevine avec ses onze points. Au fil du quart-temps, l’intensité baisse côté angevin tandis qu’elle s’accentue côté berruyer. Signe de l’impuissance angevine, par deux fois les filles d’Aurélie Bonnan peinent à trouver la solution, allant jusqu’au bout de la possession. Sous le panier, Diaby fait le ménage, récupère par deux fois un rebond offensif après un lancer franc angevin et fait grimper l’écart au-dessus des vingt points (21-39). « On n’a pas été bons sur les rebonds offensifs, c’est un travail à cinq », regrettait Bonnan. Bien trop seule, à l’image de notre capitaine (0/8 au tir à la mi-temps), Mady Williams ne peut rien contre les vagues orange qui déferlent sous le panier. « Autant mardi (contre Lattes Montpellier), j’ai trouvé qu’on était dans l’intensité tout le match, autant là on s’est fait marcher dessus dans l’intensité », insistait Aurélie Bonnan. À la mi-temps, l’écart est déjà considérable en faveur de Bourges qui finit les vingt premières minutes devant sur un panier de l’immuable Pouye, 21-48 !
Signe de cette « Williams dépendance », il faut attendre 18 minutes pour voir une autre joueuse scorer à son tour en la personne de Le Seyec. Malgré l’écart déjà conséquent, Bourges ne baisse pas le pied, bien au contraire… D’une superbe passe dans le dos, Naigre trouve Pitarch-Granel (8pts) sous le cercle qui n’a plus qu’à conclure. L’écart ne s’arrête plus de grimper malgré les maigres tentatives angevines aussitôt entachées par des pertes de balle évitables. À l’image de Tima Pouye, visiblement partout, qui récupère de nouveau le ballon pour filer au panier et pousse Aurélie Bonnan à poser son troisième temps mort (31-65, 28’). Qui n’empêche pas Selle d’obtenir un and one de retour sur le parquet. Deux derniers paniers de Williams et de Mahoutou ne changent rien, l’écart est fait, 35-72. (Rajouter des paroles d’Aurélie Bonnan).

Malgré le score fleuve, la rencontre aura au moins été l’occasion de voir la bonne rentrée de Carla Cherry. Pleine d’énergie malgré son match des espoirs en préambule, il ne lui manquait qu’un panier pour parfaire sa soirée. « Je ne lance pas les jeunes pour le plaisir mais parce qu’elles le méritent », appuyait sa coach. (Parole de Cherry). Appliquée sur chaque ballon, en attaque comme en défense, à l’image du rebond offensif pris sur la tête d’Élodie Naigre. « À chaque fois qu’on rentre, on a un objectif : se donner à 100 % quoi qu’il arrive, peu importe le score », relevait la jeune meneuse. Malheureusement, en face, le rouleau compresseur orange déroule. Même lorsque Angers semble en passe de récupérer le ballon, cela finit quand même dedans. À l’image de Pouye (22 pts) qui allume à trois points en toute fin de possession, profitant d’un bel écran de Djaldi-Tabdi. En réponse, Anna Ngo Ndjock marque ses premiers points de la partie (37’) d’un lay-up, obtenant en prime la faute. La fin de match est décousue et le ballon file d’un panier à l’autre. Les deux derniers points viennent des lancers francs de Rosanne Le Seyec (6 pts, 7 reb), l’UFAB s’incline pour la deuxième fois de la semaine à Jean Bouin face à des Tangos, juste trop fortes, 42-86. À présent, c’est un nouveau championnat qui s’ouvre pour l’UFAB avec la fin de la phase régulière. Des playdowns qu’Angers débutera dans la peau du premier au vu des autres résultats de la soirée. « Pour avoir déjà vécu les playdowns en tant que coach, ce ne sont pas les meilleurs qui gagnent, ce sont ceux qui ont faim et qui savent gérer leurs émotions », alertait la coach angevine. Ne reste plus qu’aux violettes à appliquer ces conseils dès la semaine prochaine.
Assez discrète jusqu’ici dans son scoring, Burdick (6pts, 13 reb) livre un dernier quart-temps de patronne. À la passe et au scoring, elle est l’une des artisanes du retour au score de l’UFAB. D’abord pour Diarisso d’une superbe passe volleyée à l’aveugle. Puis d’un écran pour laisser le champ libre à Williams (8pts) pour régler la mire à trois points. Enfin, d’un tir à mi-distance, elle ramène les siennes dans le sillage des Montpelliéraines, 48-55. Complètement en feu et poussé par Jean Bouin, tout le monde se permet d’y croire après un énorme tir à trois points de notre capitaine. Débordé, Lattes et son coach Demory posent un temps mort pour stopper l’hémorragie,
(51-55, 33’). De retour sur le parquet, Burdick, encore, livre une magnifique passe en première intention pour Mahoutou (15pts) qui n’a plus qu’à conclure. Montpellier est à portée de fusil et la possession revient dans les mains de l’UFAB. Alors, est-il le tournant du match, faut-il tout réduire à cette perte de balle ? Toutefois, Diarisso, auteure encore ce soir d’une prestation XXL, se trompe et perd le ballon. La suite est cruelle. Par deux fois, Angloma(18pts) file au panier et fait grossir de nouveau l’écart (53-60). En l’espace de trois actions, Rabot réduit en miettes les espoirs angevins. D’un and one puis d’un écran pour Pospisilovaet enfin d’un trois points, elle annihile presque toute chance de victoire violette. Véritable poison, l’internationale française Bernies referme le couvercle sur la rencontre d’un shoot à trois points venu d’ailleurs. Montpellier s’est fait peur et Angers y a cru, mais comme à l’aller, la victoire s’est jouée sur la longueur. L’UFAB paie très cher ses innombrables pertes de balle et devra se remettre la tête à l’endroit dès ce week-end avec une nouvelle réception, Bourges, encore un sacré morceau !
Titouan Massiani